
Des millions de francs CFA de matériel public flambant neuf abandonnés en pleine brousse, alors que les pistes de la Nyanga se transforment en bourbiers. Le constat sans appel des parlementaires.

Un arsenal high-tech livré à la nature
C’est un spectacle saisissant et profondément révoltant qu’ont découvert le député Elie Wilfried Boulingui et ses collègues lors d’une tournée parlementaire dans la province de la Nyanga.
Au carrefour Moukoko-Mbaka, dans le département de la Douigny, des engins de travaux publics croupissent à l’abandon sur une piste sablonneuse, lentement grignotés par la végétation.
Selon nos confrères de Médiaposte Gabon, ce matériel de grande valeur dort à ciel ouvert, sans aucune surveillance ni mesure de sécurisation.
Un paradoxe cruel

Pendant que ces machines neuves s’enfoncent dans l’oubli, la réalité du terrain est dramatique pour les riverains.
Dès les premières pluies, les routes secondaires de la province se changent en pièges de boue.
Entre l’isolement total de villages entiers la rupture de l’accès aux soins d’urgence pour les habitants et l’asphyxie de l’économie locale, les conséquences de ce manque d’entretien sont lourdes.
« Comment la Direction Provinciale des Travaux Publics peut-elle justifier l’immobilisation prolongée d’un tel arsenal face à l’urgence absolue du désenclavement ? » questionne, Serge Nguimbi, un habitant de la localité.
Le patrimoine public en grand danger

L’indignation des élus est d’autant plus vive que cet abandon expose les équipements à des risques majeurs.
Stationnés en lisière de forêt et entourés de hautes herbes sèches, ces engins sont à la merci du moindre feu de brousse.

De plus, l’absence totale de gardiennage en fait des cibles idéales pour le vandalisme, le vol de pièces détachées ou le sabotage.
« Au-delà du gâchis matériel, c’est l’image d’un État incapable d’assumer ses responsabilités vis-à-vis des populations les plus enclavéese. »



